· Main-d'oeuvre

Être à la fois un bon gestionnaire et un bon leader

Je ne vous apprendrai probablement rien en vous disant que les termes « gestionnaire » et « leader » ne sont pas synonymes. En effet, tous les gestionnaires ne sont pas de bons leaders, et de nombreux leaders n’ont aucun talent de gestionnaire.

Faisons une petite analogie sportive. On s’entend tous pour dire que Maurice Richard, Mario Lemieux et Wayne Gretzky étaient des joueurs de hockey aux capacités exceptionnelles. Ils savaient également motiver et inspirer leurs coéquipiers. Même s’ils étaient de grands leaders, ils n’étaient pas tous aptes à faire de bons entraîneurs ou vice-présidents. Ces postes de gestion exigent des compétences en matière de planification, d’organisation, de dotation et de contrôle.

Le tableau qui suit présente les caractéristiques du gestionnaire et du leader.

Le gestionnaire…

Le leader…

  • administre
  • est conformiste
  • assure le maintien de l’organisation
  • s’intéresse surtout aux systèmes et aux structures
  • se fie au contrôle
  • envisage les choses à court terme
  • se demande quand et comment
  • fixe son attention sur le bénéfice net
  • imite
  • accepte le statu quo
  • marche aux pas


  • se contente de bien faire les choses
  • innove
  • est original
  • fait progresser l’organisation
  • s’intéresse surtout aux gens


  • inspire la confiance
  • envisage les choses à long terme
  • se demande quoi et pourquoi
  • regarde l’avenir
  • crée
  • remet en question le statu quo
  • prend des décisions qui engagent sa responsabilité
  • fait preuve d’initiative

Source : Warren Bennis, On Becomming a Leader, Reading (Massachusetts), Addison-Wesley, 1989, p 45.


Que faut-il pour être un gestionnaire leader ?


Eh bien, le gestionnaire leader se reconnaît à sa capacité d’influencer le comportement des autres. Ici, je ne vous parle pas de manipuler les employés, mais bien de les influencer. Le leader sait inspirer confiance aux autres, veiller à leurs intérêts (pas seulement les siens et ceux de l’entreprise), renouveler les méthodes de travail (ce n’est pas parce qu’on fait les choses de telle façon depuis 10 ans que c’est forcément la meilleure) et poser les bonnes questions aux bonnes personnes.

Bien sûr, le gestionnaire leader s’intéresse aussi aux résultats. C’est un incontournable pour être un bon gestionnaire. Mais c’est dans la façon de parvenir aux résultats que le gestionnaire leader se démarque. Il sait communiquer sa vision et ses objectifs. Ainsi, il amène les membres de son équipe à travailler ensemble dans la même direction.

Le gestionnaire leader sait s’adapter aux changements en concevant de nouvelles stratégies et en réorganisant l’entreprise. Cela nécessite une bonne dose de créativité, une excellente capacité d’adaptation et beaucoup de zénitude1. De plus, il implique le personnel dans le processus de réflexion et de prise de décision. Le gestionnaire leader a compris que plusieurs têtes valent mieux qu’une et qu’il a tout à gagner à écouter les employés « terrain ». Après tout, ce sont eux qui interagissent avec les clients, utilisent les instruments… Bref, ceux sont eux qui vivent au quotidien avec les répercussions des décisions.

Vous aurez donc saisi que le leadership n’est pas inné chez tous les gestionnaires. Si certaines qualités du leader vous échappent, inutile de culpabiliser. Prendre conscience de ses lacunes est un premier pas dans la bonne direction. Avec le temps et des efforts, vous vous améliorerez, j’en suis convaincue. Au besoin, faites appel à un spécialiste. Ce n’est pas un signe de faiblesse, au contraire.

En terminant, je vous propose deux ouvrages très inspirants que je me fais un devoir de relire une fois par année. Deux livres comme je les aime : pas de grande théorie fumeuse, que du concret, du pratico-pratique. Il s’agit des 150 meilleurs conseils de management de la Harvard Business Review, ainsi que des 110 règles d’or du management, de Richard Templar. Vous aimerez aussi leurs courts chapitres qui se lisent en deux temps, trois mouvements.

    1.    Voici ma définition personnelle de la zénitude : capacité à garder son calme et à réfléchir intelligemment en situation de stress.

Myriam Bérubé

Notre blogueuse Hotelleriejobs, Myriam Bérubé, conseillère en communication et rédactrice, collabore avec les chefs d'entreprise afin d'améliorer la circulation de l'information à l'intérieur de leur organisation. Reconnaissance au travail, courriel efficace, réunion mobilisatrice… voilà ses principaux champs d’intérêt. Dans ses temps libres, elle jardine, lit des romans policiers, découvre de nouvelles recettes à tester et, par-dessus tout, passe du temps de qualité avec sa petite tornade de 6 ans.