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Impacts de la COVID-19 sur les emplois en tourisme

Photo: Unsplash
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Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), en collaboration avec ses partenaires associatifs, a mené une enquête en ligne sous le thème Onsetient.ca auprès de travaillleurs.euses de l’industrie touristique qui étaient en emploi entre le 1er janvier et le 31 août 2020. L’enquête avait pour but de connaître les impacts de la COVID-19 sur les travailleurs.euses du tourisme afin d’alimenter la réflexion sur les priorités d’interventions susceptibles de contribuer à :


  • aider l’industrie à conserver son personnel compétent et qualifié nécessaire pour amorcer la reprise au moment opportun; et

  • accompagner et soutenir la main-d’œuvre dans la phase transitoire. 


L’enquête a été réalisée du 3 au 27 septembre, soit juste avant les resserrements (palier par niveau d’alerte) en réponse à la deuxième vague. Elle a permis d’obtenir 3 022 réponses valides. Des groupes de discussion et des entrevues avec des représentant.e.s de l’industrie et des travailleurs.euses ont aussi été menés afin de compléter les résultats de l’enquête. Le CQRHT tient à remercier le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi que le ministère du Tourisme pour leur soutien.


Voici quelques faits saillants de l’analyse des impacts sur les travailleurs.euses :


  • Lors du confinement printanier, 52 % du personnel touristique qui était au travail en février a été mis à pied temporairement. Par la suite, le déconfinement estival aura permis de ramener au travail seulement la moitié d’entre eux.


  • Les mises à pied temporaires ont frappé très durement les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration avec des taux de 65 % et 62 % respectivement.


  • Les travailleurs.euses du tourisme qui étaient en emploi et qui n’ont pas été rappelés.ées ont généralement plus d’ancienneté et ils.elles travaillent à temps plein ou à temps partiel de façon régulière. Ainsi, les pertes d’emploi n’ont pas uniquement touché des travailleurs.euses qui étaient de passage dans l’industrie.


  • La proportion de travailleurs.euses en zone urbaine (69 %), comprenant Montréal, la Capitale-Nationale, l’Outaouais et Laval, qui sont restés en mise à pied est beaucoup plus élevée qu’ailleurs au Québec.


  • La rareté de main-d’œuvre est restée d’actualité en tourisme : 15 % des travailleurs.euses ont dû travailler plus d’heures cet été et, pour les deux tiers d’entre eux.elles, le manque de personnel en a été la principale raison.


L’enquête a également fait ressortir des constats pour planifier une relance réussie sur le plan de la main-d’œuvre :


  • Pour 77 % des travailleurs.euses de l’échantillon, la situation d’emploi idéale serait de continuer de travailler en tourisme : 69 % désireraient conserver leur emploi actuel et 6 % désireraient se trouver un nouvel emploi, mais toujours en tourisme. 


  • Un employeur bienveillant devrait maintenir ouverts les canaux de communication avec ses travailleurs.euses mis.e.s à pied et les informer des programmes et des ressources d’aide financière qui sont disponibles.


  • L’industrie a tout à gagner à maintenir le lien d’emploi avec le plus grand nombre de travailleurs.euses. Les entreprises doivent surmonter les réticences à utiliser le programme de Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), qu’elles jugent souvent complexe.


  • Le choix des emplois à maintenir (le personnel clé) doit s’inscrire dans une vision à long terme des besoins stratégiques des entreprises. Les postes de direction/supervision ainsi que les postes professionnels ont été à ce jour relativement épargnés par les mises à pied et les licenciements.


  • 72 % des répondant.e.s se sont montré.e.s très ouvert.e.s à participer à des formations afin de maintenir leur lien d’emploi. 


  • La requalification du personnel : une mesure qui pourrait être gagnante-gagnante. Plusieurs des travailleurs.euses qui se seront dirigé.e.s vers un autre secteur reviendront éventuellement au tourisme, mais cette fois avec un nouveau bagage de compétences qui pourra servir les besoins des entreprises touristiques.


Consultez le rapport complet ici.


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